© Photographe inconnu. Collection Saint-Nazaire Agglomération Tourisme – Écomusée. Fonds Chantiers de l’Atlantique.
Saint-Nazaire

Un port transatlantique

Dès 1862, Saint-Nazaire, à l’origine simple village de pêcheurs et de pilotes, devient port transatlantique, tête de ligne pour l’Amérique Centrale.
C’est en effet à partir de Saint-Nazaire que la Compagnie Générale Transatlantique exploite les lignes régulières pour le Mexique et Panama, avec plusieurs escales aux Antilles et aux Caraïbes.

Saint-Nazaire

Un port transatlantique

Une histoire au souffle transatlantique

Grâce à l’activité intense de la construction navale, du trafic portuaire et transatlantique, la ville connaît un tel essor, passant de quelques 800 à 30 000 habitants entre 1860 et 1900, qu’elle sera surnommée « la petite Californie bretonne ».

Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, passagers et marchandises pour les Antilles et l’Amérique Centrale passent ainsi par Saint-Nazaire. Les installations portuaires s’adaptent et s’agrandissent : percement de l’écluse sud (inaugurée en 1907), création de l’énorme forme-écluse Joubert (première utilisation en 1932), permettant aussi -et surtout- de construire des paquebots de plus en plus grands.

 

La première guerre mondiale

Le 26 juin 1917 au matin, c’est à Saint-Nazaire que les premiers contingents américains posent le pied sur le sol français. Les Etats-Unis viennent d’entrer en guerre aux côtés des Alliés, et ont choisi Saint-Nazaire, ainsi que Nantes, comme base n°1 de leur dispositif de débarquement. Commence alors pour Saint-Nazaire l’époque de la présence des « Sammies »… Entre 1917 et 1919, près de 198 000 hommes et une moyenne journalière de 4 400 tonnes de marchandises débarquent à Saint-Nazaire. Au quotidien, 30 000 Américains cohabitent avec 35 000 Nazairiens. Pour subvenir à leurs besoins, les Américains réalisent des travaux considérables sur le port et dans la ville, contribuant à la modernisation de la ville pour les années futures.

La seconde guerre mondiale

Si la Première Guerre mondiale s’est ainsi accompagnée d’une présence étrangère plutôt bien vécue, il n’en ira pas de même pendant la Seconde Guerre mondiale. L’armée allemande, arrivant en juin 1940, fera de Saint-Nazaire un de ses points stratégiques du « Mur de l’Atlantique », en construisant, à l’emplacement même de l’ancienne gare maritime transatlantique, une immense base pour abriter deux flottilles de sous-marins. La présence de cette base fera de la ville, à partir de 1942, cible privilégiée des bombardements alliés dévastateurs. Elle ne sera libérée que le 11 mai 1945, après neuf mois de « poche ». Détruite à 85%, la ville ne sera que champ de ruines autour d’une base sous-marine toujours debout…

De nos jours

Après la guerre, la ville a été reconstruite en tournant le dos à son port. Au milieu des années 1990, la municipalité lance une réflexion à grande échelle sur l’avenir non seulement de la base sous-marine mais de la relation entre la ville et le port.

Inauguré en avril 2000, en même temps que son élément le plus marquant, Escal’Atlantic, Ville-Port rapproche la ville de ses docks d’origine. L’ancienne base sous-marine, qui pendant des dizaines d’années aura été un formidable obstacle entre le centre ville et les bassins, est non pas détruite mais intégrée dans la ville : une rampe piétonne mène sur le toit* pour des vues spectaculaires sur le port et l’estuaire ; plusieurs alvéoles sont percées pour ouvrir des espaces publics impressionnants. La base n’accueille plus les U-Boote allemands mais des lieux culturels (le LiFE et le VIP), l’Office de Tourisme et bien sûr Escal’Atlantic.

Mais aussi autour de la base avec : un cinéma, un supermarché, un centre commercial, un hôtel trois étoiles… sans oublier le Théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire, construit à l’emplacement de l’ancienne gare de chemin de fer et intégrant des pans de cet bâtiment du 19e siècle. Et à travers des œuvres de Gilles Clément et Felice Varini créées dans le cadre de la biennale Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire, l’art contemporain trouve à Ville-Port un « support » à l’échelle du paysage portuaire tout entier.

*Le toit de la base sous-marine est ouvert de 9h à 22h du 1er juin au 30 septembre, et de 9h à 17h30 du 1er octobre au 31 mai.

Un autre

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