Un port transatlantique

Saint-Nazaire

Une promenade autour du port, c’est marcher sur le lieu même où le destin de Saint-Nazaire bascule au milieu du 19e siècle. Dès 1862, Saint-Nazaire, à l’origine simple village de pêcheurs et de pilotes, devient port transatlantique, tête de ligne pour l’Amérique Centrale. C’est en effet à partir de Saint-Nazaire que la Compagnie Générale Transatlantique exploite les lignes régulières pour le Mexique et Panama, avec plusieurs escales aux Antilles et aux Caraïbes.

 

Une histoire

au souffle transatlantique

Il était une fois … un village de pêcheurs …

Autrefois simple bourg de quelques centaines d’habitants, connu pour l’expertise de ses pilotes de Loire, Saint-Nazaire est équipée d’un môle pour abriter les navires. La décision de faire de Saint-Nazaire l’avant-port de Nantes en 1838 va changer le destin et la physionomie de la ville.

Vingt ans plus tard en 1856, le premier bassin à flot est achevé, directement connecté aux chemins de fer. En 1861, les frères Pereire, banquiers influents auprès de l’Empereur Napoléon III, fondent la Compagnie Générale Transatlantique (CGT). En effet, la création des lignes de service postal requérant une grande régularité offre une opportunité de développement pour les compagnies maritimes, qui allient transport du courrier, des marchandises et des passagers.

Les frères Pereire choisissent le site de Penhoët pour implanter un chantier naval nécessaire à la construction de leurs paquebots. La première ligne régulière au départ de Saint-Nazaire est créée en 1862. Trois destinations principales sont alors desservies : le Panama et le Mexique, via les Antilles.

En 1867, une gare ferroviaire monumentale est construite sur l’emplacement de la première gare provisoire à proximité des quais où sont amarrés les paquebots. Saint-Nazaire devient alors le port français sur l’Atlantique le plus rapproché de la capitale. Accueillant les trains de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans, la gare favorise le développement des flux de voyageurs et de marchandises.

La petite Californie bretonne

Grâce à l’activité intense de la construction navale, du trafic portuaire et transatlantique, la ville connaît un tel essor, passant de quelques 800 à 30 000 habitants entre 1860 et 1900, qu’elle sera surnommée « la petite Californie bretonne ».

Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, passagers et marchandises pour les Antilles et l’Amérique Centrale passent ainsi par Saint-Nazaire. Les installations portuaires s’adaptent et s’agrandissent : percement de l’écluse sud (inaugurée en 1907), création de l’énorme forme-écluse Joubert (première utilisation en 1932), permettant aussi -et surtout- de construire des paquebots de plus en plus grands.

  • D'après vous, d'où vient le terme "paquebot" ?

    Il était une fois l’histoire d’un mot …

    Le terme « paquebot » dérive de ce transport du courrier. Le premier « packet boat » était un bateau de la Royal Navy chargé de convoyer le « paquet » de papiers et de dépêches de la couronne au XVIe siècle. Par la suite, les « packet boat » désignent les caboteurs britanniques qui transportent le courrier de port en port. Pour les anglais, les navires transportant des passagers s’appellent des « liners » (lignes) ou des « steamers » (vapeurs).
    En France, on donne pour la première fois le nom de « packet boat » à un petit vaisseau qui fait le service postal entre Calais et Douvres. Le mot paquebot est donc une déformation française du terme anglais !

Partir ou voyager

La grande traversée

Embarquement immédiat

En provenance de Paris, les passagers embarquent sur les quais de la darse. La gare maritime de la Compagnie Générale Transatlantique jouxte le bassin. À proximité, des hangars en bois reçoivent les marchandises du trafic transatlantique. Sur les 10 hectares de bassins à flot, plus d’un tiers est réservé aux paquebots transatlantiques.
Saint-Nazaire était donc tête de ligne, Colon (au Panama) était la destination, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France des escales. Elle fut complétée par une ligne vers Vera Cruz (Mexique) qui faisait escale à La Havane (Cuba). Plusieurs départs par mois ont lieu à dates fixes. Les passagers effectuaient alors la traversée en 18 jours. En fonction de leur niveau social et de leurs moyens financiers, les passagers ne voyagent pas dans les mêmes classes et conditions.

Coût de la traversée

La période comprise entre 1910 et 1930 est la plus attractive pour les tarifs de 2e et 3e classes : les compagnies se livrent alors à une concurrence acharnée sur la ligne de New York. À partir des années 1920, les compagnies ont réaménagé les entreponts de leurs paquebots en cabines de 2e classe ou 3e classe. Cela a contribué à une augmentation des tarifs pour ces deux classes. Dans les années 1950 et surtout 1960, la démocratisation du voyage s’accompagne de la réduction de l’écart de prix entre les classes.

Nombre de jours de salaires que le passager doit économiser :

  • Normandie (1935) : entre 30 jours (3ème classe) et 8 jours (1ère classe)
  • Liberté (1950) : entre 75 jours (3ème classe) et 12 jours (1ère classe)
  • France (1962) : entre 65 jours (classe touriste) et 11 jours (1ère classe)
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  • D'après vous, d'où vient le terme "transat" ?

    Il était une fois l’histoire d’un mot …

    Le mot « transat », utilisé aujourd’hui pour désigner une chaise pliante de jardin à l’assise basse et au dossier allongé, vient de l’usage des chaises de ponts à bord des paquebots transatlantiques.
    Le mot « un transatlantique » est employé dans un bulletin de la C.G.T. de 1937 pour parler de ces fameux fauteuils. Mais le terme « chaise de pont » reste plus souvent utilisé. Le mot « transat » s’est répandu plutôt après la Seconde Guerre mondiale.

Port un jour

Port toujours

Berceau culturel

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville a été reconstruite en tournant le dos à son port. Au milieu des années 1990, la municipalité lance une réflexion à grande échelle sur l’avenir non seulement de la base sous-marine mais de la relation entre la ville et le port.

Inauguré en avril 2000, en même temps que son élément le plus marquant, Escal’Atlantic, Ville-Port rapproche la ville de ses docks d’origine. L’ancienne base sous-marine, qui pendant des dizaines d’années aura été un formidable obstacle entre le centre ville et les bassins, est non pas détruite mais intégrée dans la ville : une rampe piétonne mène sur le toit pour des vues spectaculaires sur le port et l’estuaire ; plusieurs alvéoles sont percées pour ouvrir des espaces publics impressionnants. La base n’accueille plus les U-Boote allemands mais des lieux culturels (le LiFE et le VIP), l’Office de Tourisme et bien sûr Escal’Atlantic.

Mais aussi autour de la base avec : un cinéma, un supermarché, un centre commercial, un hôtel trois étoiles… sans oublier le Théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire, construit à l’emplacement de l’ancienne gare de chemin de fer et intégrant des pans de cet bâtiment du 19e siècle. Et à travers des œuvres de Gilles Clément et Felice Varini créées dans le cadre de la biennale Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire, la culture trouve sur le port un « support » à l’échelle du paysage portuaire tout entier.

Plongez dans l'histoire

En immersion totale

Découvrez notre site web Saint-Nazaire Patrimoine et plongez au cœur des collections et des fonds patrimoniaux. Entièrement dédié au partage et à la valorisation du patrimoine muséal et culturel nazairien, il est ouvert à tous : aux curieux, aux amateurs comme aux initiés.

Les visites à faire

Autour du port

Pour mieux comprendre l’histoire de la ville, la construction navale et son destin singulier, prenez le temps de visiter. Escal’Atlantic pour revivre l’aventure incroyable des paquebots de légende, l’Écomusée pour tout comprendre de l’histoire de la cité portuaire, la base sous-marine et la Saison patrimoine pour comprendre son passé et les Chantiers de l’Atlantique pour apprécier son présent et son savoir-faire d’exception.