© Mathieu Rodriguez De Oliveira

Histoire(s) de guerres et de paix

Saint-Nazaire a été le triste théâtre d’affrontements pendant la Première mais aussi la Seconde Guerre mondiale. La ville conserve les traces de ce passé. Véritables témoins de l’histoire, elles permettent de mieux comprendre la ville d’aujourd’hui.

 

Histoire de guerres

Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale

Le 26 juin 1917 au matin, c’est à Saint-Nazaire que les premiers contingents américains posent le pied sur le sol français. Les Etats-Unis viennent d’entrer en guerre aux côtés des Alliés, et ont choisi Saint-Nazaire, ainsi que Nantes, comme base n°1 de leur dispositif de débarquement. Commence alors pour Saint-Nazaire l’époque de la présence des « Sammies »… Entre 1917 et 1919, près de 198 000 hommes et une moyenne journalière de 4 400 tonnes de marchandises débarquent à Saint-Nazaire. Pour subvenir à leurs besoins, les Américains réalisent des travaux considérables sur le port et dans la ville, contribuant à la modernisation de la ville pour les années futures.

Où est Sammy ?

à Saint-Nazaire

Le Sammy

Inaugurée en 1926, le Monument américain, aussi surnommé le Sammy ou même le « soldat de la Liberté », commémore l’arrivée des troupes américaines à Saint-Nazaire, à partir de 1917. Détruit par l’occupant allemand en 1941, le monument est reconstruit à l’identique en 1989, grâce à une souscription franco-américaine. Le Sammy est visible depuis la promenade du front de mer, boulevard du Président Wilson.

Histoire de guerres

Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale

Si la Première Guerre mondiale s’est ainsi accompagnée d’une présence étrangère plutôt bien vécue, il n’en ira pas de même pendant la Seconde Guerre mondiale. L’armée allemande, arrivant en juin 1940, fera de Saint-Nazaire un de ses points stratégiques du « Mur de l’Atlantique », en construisant, à l’emplacement même de l’ancienne gare maritime transatlantique, une immense base pour abriter deux flottilles de sous-marins. La présence de cette base fera de la ville, à partir de 1942, cible privilégiée des bombardements alliés dévastateurs. Elle ne sera libérée que le 11 mai 1945, après neuf mois de « poche ». Détruite à 85%, la ville ne sera que champ de ruines autour d’une base sous-marine toujours debout…

Opération Chariot

À 1h30 du matin, le 28 mars 1942, au terme d’une navigation périlleuse au milieu d’une flottille de protection, le destroyer britannique HMS Campbeltown, bourré d’explosifs, se jette contre la porte de la forme-écluse Joubert. Dix heures plus tard, le navire explose, tuant des soldats allemands venus l’inspecter, et rendant inutilisable la forme-écluse.

L’opération Chariot a rempli son but : éviter que le cuirassé allemand Tirpitz ne puisse venir à Saint-Nazaire (la forme-écluse Joubert étant le seul équipement portuaire suffisamment grand sur toute la façade Atlantique pour l’accueillir) ce qui aurait renforcé la Kriegsmarine dans ses attaques contre les convois alliés. La paralysie du port de Saint-Nazaire suite à cette opération ainsi que des bombardements alliés massifs contribuent à affaiblir les positions allemandes.

Le bilan humain toutefois est lourd. 169 Britanniques sont tués, 215 seront faits prisonniers ; sur les 600 hommes du commando, tous volontaires, seuls 227 réussiront à regagner la Grande-Bretagne. Le 28 mars de chaque année, une cérémonie officielle se déroule sur le front de mer.

À Saint-Nazaire, un canon provenant du Campbeltown rappelle ce haut fait militaire (installé d’abord face à l’estuaire de la Loire, le canon a été démonté en juin 2016 pour être restauré ; il est à nouveau visible, mais cette fois-ci sur la terrasse panoramique, tout près de sa cible de l’époque, la forme Joubert).

La tragédie du Lancastria

17 juin 1940. Plus de 5 000 personnes, pour la plupart des soldats britanniques s’entassent à bord du paquebot britannique Lancastria, au large de Saint-Nazaire, pour échapper aux troupes allemandes qui avancent vers les côtes atlantiques. Alors qu’il s’apprête à quitter l’entrée de l’estuaire de la Loire, le navire est attaqué par un bombardier allemand : il coule en 15 minutes…. La tragédie fera au moins 4 000 victimes.

Le Lancastria a connu une histoire extraordinaire qui ne peut laisser personne indifférent. Son passé de paquebot de croisière, de paquebot à passagers, de transporteurs de troupes puis le hasard ou le destin qui l’attendait à Saint-Nazaire ; et depuis 70 ans le silence qui entoure cette catastrophe dont on ne connaîtra jamais le nombre exact de victimes.

 

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La ville de Saint-Nazaire a obtenu le prestigieux label « Ville d’art et d’histoire », reconnaissance de la grande richesse patrimoniale de la ville. À Saint-Nazaire, le patrimoine se décline au pluriel : urbain et maritime, industriel et militaire, spectaculaire ou intime. Observer, écouter, vivre les lieux sont des façons de rencontrer l’histoire de ceux qui ont façonné le territoire. Nous vous proposons une déambulation physique à travers la ville ou numérique à travers nos collections en ligne.