© Mathieu Rodriguez De Oliveira

Histoire(s) de guerres et de paix

Saint-Nazaire a été le triste théâtre d’affrontements pendant la première mais aussi la seconde guerre mondiale. La ville conserve les traces de ce passé. Véritables témoins de l’histoire, elles permettent de mieux comprendre la ville d’aujourd’hui.

Histoire(s) de guerres

à Saint-Nazaire

Le Sammy

Inaugurée en 1926, le Monument américain, aussi surnommé le Sammy ou même le « soldat de la Liberté », commémore l’arrivée des troupes américaines à Saint-Nazaire, à partir de 1917. Détruit par l’occupant allemand en 1941, le monument est reconstruit à l’identique en 1989, grâce à une souscription franco-américaine.

Opération Chariot

À 1h30 du matin, le 28 mars 1942, au terme d’une navigation périlleuse au milieu d’une flottille de protection, le destroyer britannique HMS Campbeltown, bourré d’explosifs, se jette contre la porte de la forme-écluse Joubert. Dix heures plus tard, le navire explose, tuant des soldats allemands venus l’inspecter, et rendant inutilisable la forme-écluse.

L’opération Chariot a rempli son but : éviter que le cuirassé allemand Tirpitz ne puisse venir à Saint-Nazaire (la forme-écluse Joubert étant le seul équipement portuaire suffisamment grand sur toute la façade Atlantique pour l’accueillir) ce qui aurait renforcé la Kriegsmarine dans ses attaques contre les convois alliés. La paralysie du port de Saint-Nazaire suite à cette opération ainsi que des bombardements alliés massifs contribuent à affaiblir les positions allemandes.

Le bilan humain toutefois est lourd. 169 Britanniques sont tués, 215 seront faits prisonniers ; sur les 600 hommes du commando, tous volontaires, seuls 227 réussiront à regagner la Grande-Bretagne. Le 28 mars de chaque année, une cérémonie officielle se déroule sur le front de mer.

À Saint-Nazaire, un canon provenant du Campbeltown rappelle ce haut fait militaire (installé d’abord face à l’estuaire de la Loire, le canon a été démonté en juin 2016 pour être restauré ; il est à nouveau visible, mais cette fois-ci sur la terrasse panoramique, tout près de sa cible de l’époque, la forme Joubert).

La tragédie du Lancastria

17 juin 1940. Plus de 5 000 personnes, pour la plupart des soldats britanniques s’entassent à bord du paquebot britannique Lancastria, au large de Saint-Nazaire, pour échapper aux troupes allemandes qui avancent vers les côtes atlantiques. Alors qu’il s’apprête à quitter l’entrée de l’estuaire de la Loire, le navire est attaqué par un bombardier allemand : il coule en 15 minutes…. La tragédie fera au moins 4 000 victimes.

Le Lancastria a connu une histoire extraordinaire qui ne peut laisser personne indifférent. Son passé de paquebot de croisière, de paquebot à passagers, de transporteurs de troupes puis le hasard ou le destin qui l’attendait à Saint-Nazaire ; et depuis 70 ans le silence qui entoure cette catastrophe dont on ne connaîtra jamais le nombre exact de victimes.

Voir le pdf ci-dessous pour un article détaillé sur la catastrophe du Lancastria.