Bombardements aériens de 1943 : une affiche de propagande vichyste

Cette affiche avait pour objectif d’exploiter les conséquences de la situation des bombardements alliés intenses sur la France pendant l’année de 1943. Sur un fond de carte de la France avec les principaux sites touchés par ces bombardements, le texte dresse un bilan des tragédies humaines : « En 6 mois, l’aviation anglo-américaine a tué 3 112 français, hommes, femmes, enfants, a blessé 5 228 personnes, a détruit 25 hôpitaux, 44 églises, 118 écoles, 31 177 maisons ».

En soulignant également des cibles matérielles sensibles pour l’opinion française, tels que des hôpitaux, des églises, des écoles, et l’habitat, le gouvernement pétainiste tentait de mettre de son côté une partie de la population choquée et en colère qui ne comprenait pas pourquoi des villes et leurs habitants se trouvaient victimes des raids aériens. Si les bombardements sur des cibles militaires de l’occupant allemand et de sites industriels français passés au service du Reich s’expliquaient, par contre des destructions de simples agglomérations d’habitats urbains parfois à l’aide de bombes incendiaires, créaient un sentiment d’incompréhension, de haine et de révolte envers les Alliés que le régime de collaboration avec les Allemands tentait d’exploiter.

Les bombardements des 28 février et 29 mai à Saint-Nazaire ….

A Saint-Nazaire, la présence de la base allemande de sous-marins constituait un objectif stratégique militaire pour les Alliés. En réalité, la ville et ses habitants vont être les principales victimes des 50 bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale sur la région nazairienne. Ils ont provoqué au total 479 morts civils, plusieurs centaines de blessés et la destruction à plus de 85% de la ville. L’année 1942 avait enregistré un triste record avec 19 bombardements provoquant la mort de 389 civils. Celle de 1943 avec 9 bombardements et 66 civils tués, correspondait en plus à l’anéantissement de la ville.

Le 28 février 1943, trois cents quadrimoteurs américains larguaient pendant plus de deux heures des bombes explosives et incendiaires créant 600 foyers d’incendies et détruisant près de la moitié de la ville. D’autres bombardements suivent comme celui du 29 mai, regroupant en un seul raid 170 bombardiers sur Saint-Nazaire. A partir du 1er mars 1943, la quasi-totalité des habitants de la ville avait été évacuée. Tous les équipements publics étaient touchés, 60% des habitations et des commerces détruits et 20% inutilisables. Les principales rues et leurs réseaux de canalisations étaient éventrés, et il n’y avait plus d’eau potable d’électricité. Saint-Nazaire devenait ainsi une ville fantôme jusqu’à sa libération du 11 mai 1945.

…. et des 16 et 23 septembre 1943 à Nantes

A la veille du 16 septembre, Nantes avait déjà subi 10 bombardements provoquant le décès de 68 civils. Ce jour-là, 147 bombardiers américains déversaient 1 450 bombes sur 600 points de chute au centre de la ville et dans son agglomération. Le 23 septembre, un premier raid aérien touche la zone du port, suivi d’un second avec une centaine de bombardiers endommageant encore la ville. Ces deux jours ont provoqué au total la mort de 1 463 civils et blessé plus de 2 500 habitants. Une chapelle ardente était installée à l’intérieur du musée des beaux-arts. Plus de 700 habitations étaient détruites et 3 000 rendues inutilisables, provoquant un exode des deux tiers de la population vers des communes voisines. Les secteurs de la rue du Calvaire, de la place Royale, de la basilique Saint-Nicolas et de la butte Sainte-Anne étaient les plus endommagés. La ville connaissant d’autres attaques aériennes en 1944 dans le cadre du débarquement des Alliés en Normandie, avec un total de 28 bombardements sur toute la période du conflit.

Source : collection de l’écomusée de Saint-Nazaire (n° inventaire : 2008.12.1).
Auteur anonyme, impression sur papier par l’imprimerie Crete à Corbeil.
Dimensions : 120 cm de haut par 80 cm de large. Date : 1943. 
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