La forme-écluse Joubert

A la fois gigantesque "cale sèche", avec sa ligne de tins...
... et écluse : ici au départ du paquebot Normandie, en mai 1935.

La forme-écluse Joubert, construite entre 1929 et 1932, est un ouvrage remarquable. Ses dimensions -350 m de long, 50 m de large et 16,60 m de haut- en font une des réalisations les plus importantes de son époque. Sa construction avait été décidée pendant la deuxième moitié des années 1920, lorsque l’équipement portuaire nazairien commençait à atteindre ses limites : les deux entrées existantes (entrée est et entrée sud) n’étaient plus à la hauteur du développement des chantiers navals.

Avec le projet du paquebot Normandie, premier paquebot de plus de 300 m de long, la question devenait cruciale. L’avenir même du port et de la construction navale à Saint-Nazaire dépendaient de la création d’un nouvel équipement qui serait à la mesure des navires à venir. Il fallait donc construire un ouvrage pour créer une troisième entrée, un lien direct entre la Loire et le bassin de Penhoët, et permettant également d’accueillir les très grands navires en phase d’achèvement.

C’est cette double fonction qui caractérise encore aujourd’hui la forme-écluse Joubert. En effet, utilisé pour la première fois en 1932, il y a presque 80 ans, l’ouvrage (qui porte le nom de Louis Joubert, ancien président de la Chambre de commerce de Saint-Nazaire) est encore en service. Il sert à la fois d’entrée et de sortie du port et de bassin d‘achèvement, notamment pour les paquebots construits aux chantiers nazairiens. Moins de 12 heures suffisent pour remplir ou vider la forme-écluse qui peut contenir jusqu’à 270 000 m3 d’eau…

En savoir plus : la forme-écluse Joubert, ou "Normandie dock" pour les Anglo-Saxons, a été l'objectif du raid britannique "Opération Chariot" en mars 1942...